Allergologie

L'allergie ne date pas d'hier.  En effet, une tablette égyptienne décrit la mort du roi Ménès après une piqûre de guêpe, au 3e millénaire avant JC, et Lucrèce (98-55 avant JC) savait déjà que "ce qui est un aliment pour les uns est un poison pour les autres".  
Britannicus (41 à 55 après J.-C.), fils de l’empereur romain Claude ne pouvait monter à cheval sans présenter tous les signes d’une réaction anaphylactique aux squames de chevaux.
Au 5e siècle avant JC, Hippocrate utilise le terme idiosyncrasie en parlant d’asthme et d’eczéma pour décrire « une manière d’être particulière à chaque personne qui l’amène à avoir des réactions, des comportements qui lui sont propres ». Hippocrate note aussi que le lait de vache peut provoquer des troubles digestifs et de l’urticaire.                     
Mais ce  n’est qu’en 1906, qu’un pédiatre, Clemens Von Pirquet, utilise pour la première fois le mot allergie pour décrire une réaction étrange, qui n’est pas liée aux symptômes de la maladie. Allergie, du grec allos (autre) et ergon (action), signifie donc « une autre façon (de répondre) ».

Qu'est-ce-que l'allergie ?

L’allergie est une réaction anormale et excessive de l’organisme consécutive à un contact (respiration, toucher ou ingestion) avec une substance étrangère (allergène). Ces substances étrangères  sont habituellement bien tolérées, mais pour une raison inexpliquée notre système immunitaire les considère, à tort, comme des ennemies.
L'allergique associe donc deux singularités. Il est hypersensible à des éléments étrangers qui laissent indifférent le non-allergique. Il répond comme un hyperréactif, c'est-à-dire réagit contre lui plus ou moins violemment.
Les allergènes les plus fréquemment rencontrés sont : les acariens (poussière de maison), le pollen, les aliments (arachide, blanc d’œuf, le lait de vache,…), le latex, les médicaments, produits chimiques…
Le principal facteur de risque prédisposant au développement d’une allergie reste l’existence d’une prédisposition familiale. On parle d’un terrain génétiquement prédisposé ou terrain « atopique ».
Le mécanisme de l’allergie passe par deux phases:

•    une phase de reconnaissance de l’allergène par l’organisme : c’est la phase de sensibilisation
•    une phase de réaction contre cet allergène : c’est la réaction allergique

On distingue ainsi plusieurs grandes catégories d’allergies : respiratoires, cutanées, digestives, oculaires, générales, se manifestant par différents symptômes : rhinite, asthme, eczéma, urticaire, allergie alimentaire, conjonctivite, qui peuvent être présents de façon isolée ou se succéder au fil du temps, voire coexister.
Comment se fait le diagnostic de l’allergie ?
Il repose sur 3 éléments fondamentaux :
- L’histoire clinique de la maladie (les antécédents permettront d’évoquer l’origine allergique des symptômes)
- Les tests cutanés
- Les examens biologiques en complétant par une exploration fonctionnelle respiratoire.

Comment  traiter l’allergie ?

Il existe plusieurs méthodes pour traiter l’allergie :
- L’éviction totale de l’allergène quand cela est possible,
- Les traitements qui agissent sur les symptômes de l’allergie : sous forme de
médicaments (antihistaminiques, corticoïdes, bronchodilatateurs, etc.),
- Les traitements qui agissent sur le système immunitaire en le modulant : la désensibilisation.
De nouvelles techniques font actuellement l’objet de recherches en isolant, par exemple, le gène codant pour telle ou telle allergie.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les allergies se situent au quatrième rang des maladies dans le monde après le cancer, les maladies cardiovasculaires et le sida.

Plus d'un enfant sur cinq serait  allergique.