La Maladie à Virus Ebola

 

 

 

La maladie à virus Ebola est causée par un filovirus (forme d’un fil) qui, avec le virus  Marburg,  causent ce qu'on appelle des fièvres hémorragiques virales.
Cette infection n’est pas nouvelle, l’épidémie actuelle est la 25ème  due à ce filovirus depuis sa «découverte» en 1976 lors de deux flambées simultanées à Nzara (Soudan) et à Yambuku (République démocratique du Congo ex : Zaïre) près de la rivière Ebola, d’où le nom de la maladie.

EPIDEMIOLOGIE

Contrairement aux précédentes épidémies qui ont concerné des régions rurales de pays d’Afrique centrale et de l’est (Soudan, Ouganda, Gabon, République Démocratique du Congo, République du Congo) l’épidémie actuelle, la plus importante depuis que l’on connait ce virus, touche, et ce pour  la première fois, des zones urbaines de pays de l’Afrique de l’ouest, peuplées  et aux populations mobiles. Ainsi, c’est en décembre 2013, dans la région de Guinée Conakry (Guekedou) toute proche de la Sierra Leone et du Libéria, qu’on a observé la propagation de cette épidémie à ces 3 pays.

 Au mois de décembre 2014, soit un an après,  ce sont 17 908 cas cumulés qui ont été recensés par l’OMS, au niveau des 3 pays touchés par l’épidémie actuelle à savoir Guinée Conakry (2 292 cas), Libéria (7 719 cas) et Sierra Leone (7 897 cas) causant le décès de 6 373 personnes (50 % de mortalité).
Il faut savoir que ce sont des régions où la chauve-souris et le singe sont des proies (chassées, manipulées et consommées);  le singe et la chauve-souris sont 2 moyens de contracter  le virus pour l’homme dans ces régions ;

À l’heure actuelle on ne connait pas encore comment démarre une épidémie Ebola mais on a quelques éléments comme :
•    Le réservoir qui semble être constitué de différentes espèces de chauves-souris frugivores (qui mangent les fruits).
•    La transmission: les chauves-souris peuvent transmettre le virus à plusieurs mammifères, en particulier, les grands singes (chimpanzés, gorilles) et, également directement à l’homme.

Une fois l’homme contaminé, l’infection peut être transmise à d’autres personnes avec une transmission par contact direct avec des fluides corporels  divers (sang, sueur, urines, selles, vomissements, salive, sécrétions génitales) qui entrent en contact soit avec une peau qui est lésée soit avec des muqueuses en particulier oropharyngées  et les conjonctives, ou bien par contact indirect par l’intermédiaire d’environnements contaminés.
Les personnes les plus exposés sont les membres de la famille et le personnel soignant en raison des contacts étroits avec les patients infectés.


MANIFESTATIONS CLINIQUES

La maladie à virus Ebola est caractérisée par plusieurs phases :
Après une incubation moyenne  de 8 jours (extrêmes 2-21 jours), apparaît:
1)    Première phase : c’est  un état pseudo-grippal, avec une fièvre élevée, d’apparition brutale  et persistante, des maux de tête particulièrement importants, une fatigue profonde, des douleurs musculaires et articulaires, un mal de gorge.
2)    Deuxième phase : survenant assez rapidement avec des symptômes gastro-intestinaux (vomissements, diarrhée, douleurs abdominales).
3)    Troisième phase : apparition d’œdèmes, d’une hypotension orthostatique et des hémorragies internes et externes ; quelques symptômes respiratoires sont également décrits comme, une difficulté à respirer, une insuffisance rénale et une encéphalopathie, puis décès dans environ 50 % des cas.

DIAGNOSTIC

Le diagnostic  doit être évoqué devant toute personne fébrile dans les 21 jours qui suivent un séjour en zone d’endémie.
Le malade ne devient contagieux que lorsque des symptômes apparaissent.
La certitude diagnostique repose:
•    Essentiellement sur la technique de l’amplification génique (PCR)  dans le sang,  positive dès le début des symptômes ; cet examen ne peut être réalisé que dans des conditions de haute biosécurité comme  dans des laboratoires  dits P3 (Institut Pasteur d’Algérie à Sidi Fredj);
•    Des examens sérologiques : l’apparition des anticorps est liée plutôt à l’évolution favorable  vers la guérison.

TRAITEMENT

•    On ne dispose pas, actuellement, de traitement spécifique approuvé : le « ZMapp », un sérum thérapeutique fait d’un cocktail de 3 anticorps monoclonaux développé aux Etats Unis  a été testé chez des américains et européens rapatriés avec des résultats pas toujours positifs.
•    Le traitement est symptomatique
•    Il existe plusieurs candidats vaccins actuellement en train d’être expérimentés avec des premiers résultats encourageants.



QU’EST CE QUI A ETE MIS EN PLACE EN ALGERIE POUR CONTRER UNE EVENTUELLE MENACE ?
Elaboration d’un plan anti Ebola avec notamment :

•    La désignation de 8 (huit) centres de prise en charge à travers le pays pour la prise en charge des  cas suspects,
•    Le circuit de prise en charge d’un cas suspect,
•    La prise en charge des cas contacts,
•    La mise en place de la confirmation du diagnostic au niveau de l’Institut Pasteur d’Algérie,
•    La mise en place d’activités d’information et de sensibilisation de la population (affichettes, émissions radio-télévisées) et des personnels de santé.